FRANCK BOUYSSE, DU NOIR À LA LUMIÈRE

Franck Bouysse dont le dernier livre – Glaise – est paru à la Manufacture de livres réenchante nos territoires. Cet écrivain amoureux des grands espaces, de Faulkner, Skakespeare, Giono ou encore McCarthy, est aujourd’hui un auteur de romans noirs en pleine lumière.

  Originaire de Brive, Franck Bouysse est au cœur d’un tourbillon qui l’entraîne sur le devant de la scène littéraire. Auteur d’une quinzaine de romans noirs depuis 2007, le quinquagénaire, professeur de biologie à Limoges dans une première vie, a été révélé au grand public avec Grossir le ciel (La manufacture de livres, 2014). Le roman, bientôt adapté sur grand écran, et réédité en livre de poche en 2016, a récolté de nombreux prix dont récemment le prestigieux prix SNCF du polar 2017.

Glaise, Franck BouyssePlateau (La manufacture de livres) n’est pas non plus passé inaperçu. Il a notamment été récompensé par le prix des lecteurs de la Ville de Brive-Suez en 2016. Dans ce hameau de haute-Corrèze où réside un couple de vieux paysans, mais aussi Georges, leur neveu, Karl un ancien boxeur et Coralie qui bouleverse ces existences, le lecteur est saisi par la langue époustouflante de l’écrivain. En 2017, Glaise achève la trilogie de ces territoires (Cévennes, Cantal, Haute-Corrèze) en nous transportant dans le Cantal pendant l’été 1914: « Je ne parle pas de la guerre. Tout a déjà été dit.  » L’auteur, qui a l’habitude d’inscrire ses polars dans le monde rural, y raconte l’histoire d’amour, d’amitié et de fureur de trois familles et aborde la question de la place centrale des femmes dans cette période. « En même temps que leur revient la charge des hommes, partis au front, elles découvrent une forme de liberté sans eux. Et c’est en bruit de fond qu’il y a la guerre…« 

Grand lecteur, Franck Bouysse s’est longtemps nourri des mots de grands auteurs avant d’oser lui-même se lancer. « Je ne conçois pas la vie sans lire ni écrire. » Une discipline qu’il s’impose tous les jours.« Un auteur qui ne lit pas m’a toujours paru suspect!«  Cet été, il a lui-même relu Faulkner, Shakespeare, McCarthy…
L’occasion aussi pour cet amoureux des grands espaces, soucieux de « réenchanter nos territoires » de partager sa vision de l’écriture: « Je ne lâche pas une phrase avant d’avoir trouvé sa musique« , et de dévoiler ce qui dans ce geste l’anime: « Tout part de l’enfance, de quelque chose que je veux retrouver. Je ne fais rien d’autre que de mettre des mots d’adulte sur des émotions d’enfant.« 
Peu ou pas de pause entre chaque livre : « Quand je termine un roman, je suis laminé. Chaque fois, je me dis que je vais faire une pause. » Mais chaque fois, il enchaîne sans répit : « C’est pour faire taire les personnages que j’ai créés et qui m’ont raboté que j’en crée d’autres ».