Éric Fottorino

Dix-sept ansElle était libre alors. Seule mais heureuse pourtant. C’était il y a longtemps. La parenthèse ouverte en cet été 1960, à Nice, s’est bien vite refermée. Un enfant est né.
Les saisons ont passé. Ce dimanche de décembre, Lina a décidé de livrer à ses trois fils le secret qui l’étouffe depuis toutes ces années. De se délivrer. Une manière pour eux de comprendre l’amour amer de cette mère qu’ils nient et renient depuis leur adolescence.
Dans Dix-sept ans (Gallimard, août 2018), Eric Fottorino trace en creux le portrait, douloureux et lumineux, de cette mère, femme blessée qui n’a jamais cessé de chérir sa liberté. Avec ce roman, sans doute le plus personnel de tous, il dévoile la pièce jusque-là manquante d’une œuvre soutenue par la question des origines. Une œuvre entamée en 1991 avec Rochelle où une certaine Lina apparaissait déjà. Au bord de l’Atlantique, en 1958, elle donnait naissance à un petit Paul. Un écho pouvant laisser penser que, peut-être, la boucle serait bouclée.