Un théâtre, des rencontres

Des moments rares, précieux, des échanges passionnés, des confessions inattendues, des lectures émouvantes, des récits intimes, des propos lumineux… La grande salle du Théâtre, rebaptisée le temps de la Foire du livre Espace Jean d’Ormesson, en a vu de belles le temps d’un week-end. Une dizaine de rencontres y sont encore cette année programmées et elles s’annoncent une fois encore marquantes, passionnantes, émouvantes, lumineuses, brillantes…

  • Vendredi 8 novembre

– Christiane Taubira, Nuit d’épine (Plon) à 18h.

C. TaubiraLa nuit, chacun la voit, la vit, la sent, l’apprivoise à sa manière. De celle de Guyane, trouée d’un faible lampadaire sous la lueur duquel, enfant, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, à celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de sœur intime, un moment particulier.
C’est la nuit des chansons qu’on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu’on annonce la mort d’une mère, la nuit des études passionnées et des yeux en feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C’est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l’Assemblée autour du mariage pour tous – un cathéter au bras et le courage en bandoulière. C’est enfin la nuit d’un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l’on décide d’un adieu.
Dans ce texte autobiographique éminemment littéraire, l’auteur –experte dans l’art de manier les mots avec justesse, de ciseler les phrases selon une musique qui convie aux voyages en soi , montre que la vie est souvent plus forte, raide, dure, inventive, poétique, envoûtante, que les fictions les plus échevelées.
(crédit photo: Stéphane de Bourgies)

  • Samedi 9 novembre

Laurent Gaudé– Laurent Gaudé, Nous l’Europe, banquet des peuples (Actes sud), dans le cadre de Temps présent autour du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, à 10h30.
L’Europe, l’ancienne, celle d’un vieux monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de ce texte en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’enthousiasmes, de défaites et d’espoirs.
À l’heure où certains doutent, où d’autres n’y croient plus, ce récit européen humaniste rappelle qu’une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d’avenir. C’est donc d’une plume ardente que Laurent Gaudé compose une épopée invitant à la réalisation d’une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté.
(crédit photo: Christophe Abramowitz)

Unknown-2– Marc Levy, Ghost in love (Robert Laffont) à 14h30.
Ils ont trois jours à San Francisco. Trois jours pour écrire leur histoire. Que feriez-vous si un fantôme débarquait dans votre vie et vous demandait de l’aider à réaliser son vœu le plus cher ? Seriez-vous prêt à partir avec lui en avion à l’autre bout du monde ? Au risque de passer pour un fou ? Et si ce fantôme était celui de votre père ? Thomas, pianiste virtuose, est entraîné dans une aventure fabuleuse: une promesse, un voyage pour rattraper le temps perdu, et une rencontre inattendue… Digne des plus belles histoires de Capra et de Billy Wilder, Ghost in Love donne envie de croire au merveilleux.
(crédit photo: Antoine Verglas Studio)

– Jean-Michel Jarre, Mélancolique Rodéo (Robert Laffont) à 16h15.
JM JarreDe Jean-Michel Jarre, on connaît le musicien, pionnier de l’électro à l’influence majeure sur la jeune génération, et inventeur de concerts-spectacles devant des foules records. Mais on ne connaît pas le cheminement du petit garçon lyonnais qui bricolait des magnétophones devenu star planétaire.
La vie de ce fils d’une grande résistante et d’un père multi-oscarisé est un roman qu’aucun romancier n’aurait pu imaginer : sans cesse bousculée par l’inattendu. À l’image de ces Mémoires. Où l’on croise Arthur C. Clarke, Stephen Hawking, Edward Snowden, Jean-Paul II, Mick Jagger, Salvador Dalí, Fellini, Lady Di et les femmes de sa vie. Où l’on est emporté par un texte extrêmement intime, construit autour d’objets fétiches de son existence. Où celui à qui l’on doit aussi Les Mots bleus et Où sont les femmes? nous entraîne au cœur d’une littérature faite d’extraordinaire, de nomadisme, de bruits, d’intranquillité, de sensualité, d’engagement personnel rythmant une mélancolie souterraine.
 (crédit photo: Peter Lindbergh)

  • Dimanche 10 novembre

Jamy Gourmaud, Tu l’as dit Jamy! (Stock), à 10h.
Tout commence au petit matin en lisant les gros titres du journal et l’annonce d’une lune de sang. Jamy décide d’aller observer le phénomène rarissime. On le suit toute une journée et chaque étape est prétexte à la découverte d’un phénomène naturel de notre quotidien ou l’explication d’une technologie. Depuis les différentes phases de la lune à l’eau qui coule au robinet en passant par le fonctionnement du télescope, du moteur à explosion, l’effet de serre, la rosée du matin, l’âge des arbres, les orages ou le fonctionnement du téléphone portable.
Cette aventure pleine de rebondissements entraîne Jamy dans des situations cocasses où il ne sépare jamais de son animal de compagnie préféré, un poulpe doué d’une intelligence supérieure avec qui il dialogue dans un jeu de questions réponses où l’humour pimente une mine d’informations et d’explications limpides. Toujours enthousiaste, et dans le même temps d’une grande justesse pédagogique, Jamy comme toujours sait raconter, expliquer, transmettre…
(crédit photo: Philippe Matsas)

– Michel Bussi, Raconter le monde à 11h30.

IMichel Bussil est l’auteur de J’ai dû rêver trop fort (Presses de la cité). Les plus belles histoires d’amour ne meurent jamais. Elles continuent de vivre, bien après leur fin, dans nos souvenirs et les coïncidences cruelles que notre esprit invente. Mais quand, pour Nathy, ces coïncidences deviennent trop nombreuses, doit- elle croire qu’il n’y a pas de hasard, seulement des rendez-vous ? Qui s’évertue alors à lui faire revivre, vingt ans après, cette parenthèse passionnelle avec un jeune musicien qui a failli balayer sa vie d’épouse et de mère ? Quand passé et présent se répètent au point de défier toute explication rationnelle, Nathy doit- elle admettre qu’on peut remonter le temps ?
En quatre escales, Montréal, San Diego, Barcelone et Jakarta, dans un jeu de miroirs entre 1999 et 2019, J’ai dû rêver trop fort déploie une partition virtuose, mêlant passion et suspense, au plus près des cœurs qui battent trop fort.
(crédit photo: Dyod – agence Opale)

– Christophe André et Matthieu Ricard à 14h.

Médecin psychiatre à l’hôpital Sainte Anne (Paris), Christophe André est l’auteur de nombreux best-sellers : L’estime de soi ; Vivre heureux ; Imparfaits, libres et heureux, (prix Psychologies Magazine 2006).
Il est l’auteur de l’ouvrage Le temps de méditer (L’Iconoclaste). Dans un monde qui nous sature de ses écrans et de ses sollicitations, où tout s’accélère, nous sommes souvent déconnectés de nous-mêmes et de nos véritables besoins. Depuis une quarantaine d’années, les recherches scientifiques ont confirmé les vertus de la méditation, ses bénéfices sur notre santé physique et mentale : véritable entraînement de l’esprit, la méditation est au cerveau ce que l’exercice physique est au corps.
Avec ce livre, le Dr Christophe André, l’un des pionniers de la méditation en France, nous prend par la main et nous guide, le temps de méditer, vers le meilleur de nous-mêmes.
(crédit photo: Sandrine Roudeix)

Ricard Matthieu (c)Raphaele Demandre-037Matthieu Ricard est le fils du philosophe Jean-François Revel et de l’artiste peintre Yahne Le Toumelin. Il décide, en 1967, de s’établir dans l’Himalaya –où il réside depuis presque cinquante ans –et devient moine bouddhiste. Il est l’interprète français du dalaï-lama depuis 1989. Auteur de plusieurs livres aux Éditions de La Martinière, dont Bhoutan. Terre de sérénité ou encore Un voyage immobile, 108 sourires et Visages de paix, Terre de sérénité, Matthieu Ricard photographie les maîtres spirituels, les monastères, l’art et les paysages du Tibet, du Népal et du Bhoutan.
En 2017, son livre-somme Un demi-siècle dans l’Himalaya dédié à son cheminement spirituel et photographique a connu un grand succès en librairies. L’intégralité de ses droits d’auteur est reversée à des projets humanitaires en Asie portés par l’association Karuna Shechen. Il dédicace à Brive Émerveillement (Editions de la Martinière). Un hommage, en texte et en images, à la beauté de la nature et de la vie sous toutes ses formes.
(crédit photo: Raphaele Demandre)

Unknown-1Jean-Paul Dubois. Prix Goncourt pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’olivier) à 15h30.

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. Retour en arrière: Hansen est superintendant a L’Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et l’inévitable se produit. Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert, les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman. Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu’animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.
Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest. Après la justice et le cinéma au Matin de Paris, il devient grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur. Il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l’Olivier : L’Amérique m’inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain , Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans (Je pense à autre choseSi ce livre pouvait me rapprocher de toi). Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996), le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française (Éditions de l’Olivier, 2004).
(crédit photo: Patrice Normand)

– Sylvain Tesson. Prix Renaudot pour La panthère des neiges (Gallimard) à 15h30.

Sylvain TessonÉcrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l’Asie centrale, qu’il parcourt inlassablement depuis 1997.
En 2018, Sylvain Tesson est invité par le photographe animalier Vincent Munier à partir observer les derniers spécimens de la panthère des neiges aux confins du Tibet dans le Changtang, un gigantesque plateau qui culmine à 5000 mètres d’altitude. Au fil des jours, le convoi s’achemine vers des panoramas de plus en plus grandioses et déserts. Là où la population recule, la faune avance et se déploie. Tout devient objet d’observation, des minuscules événements qui animent la nature aux variations de lumières. Dans les hautes solitudes du Tibet septentrional, une spiritualité puissante semble prendre alors tout son sens. À mesure que l’équipe s’enfonce toujours plus loin dans les contrées du Changtang, un autre monde s’offre à eux : c’est le domaine de la panthère des neiges, un sanctuaire naturel totalement inhospitalier pour l’homme, où le félin a trouvé les moyens de sa survie et de sa tranquillité.
(crédit photo: F. Mantovani – Gallimard)