Le prix Vialatte récompense Pierre Jourde

Des 6 ouvrages sélectionnés au départ, il n’en reste plus qu’un: Le voyage du canapé-lit de Pierre Jourde (Gallimard) récompensé pour son esprit « vialatien » et son écriture qui « manie la dérision et l’autodérision dans un ouvrage rempli de digressions et d’apartés ».

Mal aimée par une mère avare et dure, sa fille unique, à la mort de celle-ci, hérite d’un canapé-lit remarquablement laid. Elle charge ses deux fils et sa belle-fille de transporter la relique depuis la banlieue parisienne jusque dans la maison familiale d’Auvergne. Durant cette traversée de la France en camionnette, les trois convoyeurs échangent des souvenirs où d’autres objets, tout aussi dérisoires et encombrants que le canapé, occupent une place déterminante. À travers l’histoire du canapé et de ces objets, c’est toute l’histoire de la famille qui est racontée, mais aussi celle de la relation forte et conflictuelle entre les deux frères.

À bord d’une camionnette, en compagnie de son frère, de sa belle-soeur et d’un immonde canapé, l’occasion était trop belle pour Pierre Jourde. Celui-ci déroule donc ses souvenirs, maniant la mélancolie et le burlesque avec la même élégance. Un livre sublime !

L’écrivain auvergnat, auteur de Pays perdu et de La première pierre succède ainsi à Éric Vuillard et Jean Rolin.

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Ce prix récompense chaque année au printemps un roman de langue française distingué pour ses « qualités d’écriture, sa liberté de ton et son indépendance d’esprit », « l’esprit Vialatte » résument les organisateurs.

 Six ouvrages figuraient dans la première sélection du prix 2019 :

  • La boîte à outils de Gérard Besnier (François Bourin)
  • Le voyage du canapé-lit de Pierre Jourde (Gallimard)
  • Écorces vives de Alexandre Lenot (Actes sud)
  • Le mangeur de livres de Stéphane Malandrin (Seuil)
  • Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger (Albin Michel)
  • François, roman de François Taillandier (Stock)

 

Une seconde sélection avait été établie début mars:

  • Le voyage du canapé-lit de Pierre Jourde (Gallimard)
  • La boîte à outils de Gérard Besnier (François Bourin)
  • Le mangeur de livres de Stéphane Malandrin (Seuil)

 
Le jury du prix Alexandre-Vialatte est composé de deux membres permanents : Pierre Vialatte, fils de l’écrivain, et Jean Brousse, représentant le groupe La Montagne-Centre France.
Et de cinq membres qui siègeront pour la première fois :
– Marianne Payot, rédactrice en chef adjointe Livres de L’Express,
– Myriam Entraygues, chargée de mission Foire du livre de Brive,
– Claude Sérillon, auteur, journaliste, chroniqueur du groupe La Montagne-Centre France,
– Jacques Letertre, président de la société des Hôtels littéraires,
– Klaus Blocher, directeur délégué de Centre France Livres.
 
Relancé en 2011 par Jean-Pierre Caillard, président du groupe Centre France, pour le 40e anniversaire de la mort d’Alexandre Vialatte, ce prix est traditionnellement doté de 6.105 euros, soit la somme de la longueur du fleuve Congo (4.640 kilomètres) et de la hauteur du puy de Dôme (1.465 mètres).
 
Les huit derniers lauréats sont :
Jean Rolin (2018, Le Traquet kurde, POL), Eric Vuillard (2017, 14 juillet, Actes Sud), Eric Laurrent (2016, Un beau début, Minuit), Jacques A. Bertrand (2015, Brève histoire des choses, Julliard), Eric Chevillard (2014, Le désordre azerty, Minuit), Emmanuelle Bayamack-Tam (2013, Si tout n’a pas péri avec mon innocence, POL), Jean-Paul Dubois (2012, Le cas Sneijder, L’Olivier), Olivier Rosenthal (2011, Que font les rennes après Noël ?, Verticales).

 

Crédit photo: Catherine Hélie – Éditions Gallimard